lundi 4 décembre 2023

Examen de conscience... (A & A et Cie n° 128)


 Photo reproduite

...d'un Lion de papier


À son zénith, Phébus embrasait la savane.

Des troupeaux ruminaient, de chaleur accablés,

Sous de rares arbustes à l'ombre diaphane.

A l'écart, un vieux Lion, songeait au temps passé.

...

Il se revoit jadis, fier, s'en allant en guerre,

Assignant aux soldats le rôle approprié,

En stratège avisé. Chacun sait que naguère,

La Fontaine l'a même en beaux vers célébré!


Mais voici que revient la fâcheuse ambassade,

Quand il avait voulu dévorer ses sujets,

En leur faisant dire qu'il était très malade.

Renard, ce scélérat, de lui s'était joué!

Il admet s'en vouloir de son impéritie,

Cet épisode ancien n'avait rien de l'exploit !

Mais à jeunesse on pardonne bien des folies,

Pense-t-il, et surtout quand il s'agit du roi !


Un insecte volant lui remet en mémoire

La valeur des petits : les rats, les moucherons...

Aujourd'hui, ce monarque auréolé de gloire,

De son mépris d'antan leur demande pardon.


Puis, soudain rugissant, il écume de rage

Au souvenir du lion, de ses proches parents,

Qui, tombé amoureux, désirant mariage,

S'était laissé rogner les griffes et les dents !


Et, se radoucissant : « Peut-être la peinture

M'irait bien ? se dit-il. Une chasse aux humains,

Sous le pinceau d'un Lion, aurait fort belle allure !

Mais il n'est pas trop tard. Tiens, j'essaierai demain ! »


Jusqu'au couchant dura l'examen de conscience.

En tira-t-il leçon ? Pour aborder ce point,

De le lui demander je n'eus pas l'imprudence.

Il est certaines gens à contempler... de loin !


AG

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lundi 30 octobre 2023

Rêver... juste un peu ! (A & A et Cie n° 127)



 
Photo Alain Ménez

 

Au nom de quel progrès, de quelles certitudes,

Par la force voulant toujours sortir vainqueur,

Ose-t-on de l'azur troubler la quiétude,

Égratigner le bleu si cher à notre cœur ?

Il est triste, pareil à nos forêts ombreuses,

Peuple de Féerie, lutins et feux follets,

Depuis que des docteurs aux voix impérieuses

Du haut de leur science ont banni vos secrets.

Ceux-là, non satisfaits de mesurer la Terre,

Se sont mis en devoir d’arpenter les éons,

D’enfermer le Sublime en leurs bocaux de verre !

Lors, n’y parvenant pas, effacèrent les noms

De la Gent Invisible aux tableaux des écoles.

Adieu, belles ondines, au détour d’un étang,

Farfadets gambadant après les lucioles !

Ne cherchez plus Éole, il n’y a que du vent !

Sans Vénus désormais, l’amour nous désespère,

La beauté de tes yeux sous-entend le tombeau,

Le monde bringuebale et retombe en poussière,

L’espoir s’épanouit pour mourir aussitôt.

Ô l’affligeant tableau d’un univers sans âme

Privé de ce qui manque à vos doctes discours :

Le souffle de la Vie, une invisible flamme

Dont nul jamais ne sut mesurer les contours !

Messieurs les grands savants, sachez que je révère

Vos bienfaits admirables envers l’Humanité,

Mais avec Féerie, ne soyez point sévères,

Laissez-la revenir, juste un peu... pour RÊVER !


AG

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lundi 2 octobre 2023

La poubelle volante (A & A et Cie n° 126)

Photo Alain Ménez


 

Une poubelle un jour, ce n'est pas ordinaire,

Lasse de recueillir des humains le rebut,

Décida de quitter son faubourg de misère,

Pour profiter du monde à bouche que veux-tu.


Hissant le drapeau bleu, celui couleur du rêve,

Elle fila d'un bond sur les ailes du vent,

Survolant des villes, des montagnes, des grèves...

Adieu murs délavés, adieu pavé glissant!


Quel bonheur de goûter le temps d'une seconde

Des parfums enchantés, sans peur et sans tabous,

Libre enfin du fardeau si pesant de ce monde,

Sourire à l'inconnu, n'est-il rien de plus doux ?


Lecteur, si vous repassez devant la poubelle,

La verrez-vous encor' avec les yeux d'avant ?

Moi, je n'y parviens pas. Je suis content pour elle.

Il est bon de pouvoir rêver de temps en temps !


AG


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lundi 4 septembre 2023

Arbre (A & A et Cie n°125)


 photo Alain Ménez

J'admire ta beauté, ta constance, ta force,

Que tu sois chêne, saule, hêtre majestueux.

J'aime le cœur qui bat sans bruit sous ton écorce,

A l'éternel tempo de la terre et des cieux.



Les hommes alentour vocifèrent, s'agitent.

Toi, tu ne bouges pas, silencieux gardien

D'un savoir oublié, auquel tu les invites

Par le don généreux de mille petits riens :



Ici, c'est la chanson des feuilles frémissantes,

L'ombre fraîche accueillant un repos mérité,

Là, le vert de ton front aux couleurs apaisantes,

En un mot, c'est l'Amour en Toi manifesté !

AG

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lundi 5 juin 2023

Mon enfance, où es-tu ? (A & A et Cie n° 124)


 photo Alain Ménez

A suivre du monde la transe,

J'en ai oublié mon enfance

Dans un village d'autrefois

Par les chemins et par les bois.


Où est-elle mon innocence ?

Le temps béni de l'insouciance ?

Celui de l'émerveillement,

Des lutins, des enchantements ?


Où est la confiance en la vie

Qui était ma meilleure amie ?

C'est vrai, je suis devenu grand.

On m'a dit :  « Ne fais pas l'enfant ! »


Alors j'ai imité la foule,

Je me suis glissé dans le moule.

Et pour connaître d'autres cieux,

De toi, j'ai détourné les yeux,


Mon enfance ! Loin de ta source,

Me voici faible et sans ressources.

Mais aujourd'hui, le cœur léger,

Je suis venu te retrouver!


AG


« La sagesse nous envoie à l'enfance. »

Blaise Pascal


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lundi 1 mai 2023

Scène de ménage (A & A et Cie n° 123)


 

photo Alain Ménez

« Non et non, trois fois non, je n'irai pas plus loin !

Tu voulais voir Venise, et on a vu Venise,

Tu voulais voir Tourcoing, et on l'a vu... Coin coin !

Je ne supporte plus les hôtels, les valises !

J'ai le mal du pays, je veux rentrer chez nous !

J'aimais tant la douceur des étangs de la Brenne

Et notre nid douillet sur le bord de l'Abloux !

Voyage sans arrêt me donne la migraine !

Mais toi, évidemment, il t'en faut toujours plus,

Ton insatisfaction, elle est pathologique !

Quant à moi, mon ami, j'en ai bien assez vu !

J'en conviens, le Grand Est doit être magnifique !

Mais je te le redis : je veux rentrer chez nous,

Retrouver le calme des étangs de ma Brenne !

Dès demain je prendrai le train pour Châteauroux

Et remets à plus tard l'Alsace et la Lorraine ! »


AG


« On voyage autour du monde à la recherche de quelque chose

et on rentre chez soi pour le trouver. »

George Moore

romancier et homme de lettres irlandais


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lundi 3 avril 2023

L'Âne et le Journaliste (A & A et Cie n° 122)


 Photo Alain Ménez

Hi-han ! Mes amis, quelle histoire !

Pour sûr, vous n'allez pas me croire :

Hier matin, dès soleil levé,

Je venais de me réveiller,

Quand est venu à l'improviste,

Céans me voir, un journaliste !

Un homme très bien habillé.

Poliment, il s'est présenté :


- Je suis ici pour un sondage

Me déclara-t-il sans ambages.

J'interroge les animaux,

Bœufs, moutons, ânes et chevaux,

Sur la qualité de leur vie,

Leurs doléances, leurs envies.


Il m'a posé mille questions.

J'ai répondu à ma façon,

Tandis que sur un dictaphone,

Une sorte de téléphone,

Il enregistrait mon propos.

Aucun doute, c'était un pro !

Il aimait la philosophie,

Les fables, la géographie.

Et puis nous avons discuté

Pour finir, de la liberté :


- Voyez-vous ce mur ?déclarai-je.

Les murs, Monsieur, voilà le piège !

Car tous deux sommes enfermés :

Vous ici, moi de mon côté,

A ceci près, c'est une image,

Que bien plus vaste est votre cage!

...

L'homme se dit d'un air songeur :

- Mais cet âne est un grand penseur !

Il faudrait, pour le croire bête,

Avoir quelque mur dans la tête !


AG


« Les hommes construisent trop de murs

et pas assez de ponts. »

Isaac Newton


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