lundi 6 janvier 2020

Le chat et la pomme (A&A et Cie n°89)

photo YG


Un chat pour tout repas n'avait rien qu'une pomme.
On l'avait enfermé au fond d'un cagibi,
-Voyez jusqu'où va la méchanceté des hommes !-
Car il avait juste croqué le canari.

"De tous temps, pensait-il, songeant à ses ancêtres,
Nous autres les félins dévorons les oiseaux,
Les souris, les mulots... Alors pourquoi mon maître
Ce simple événement a-t-il pris de si haut ?
J'adore, il est vrai, jouer avec tout ce qui bouge.
Il n'était pas content non plus le mois dernier,
Quand je lui ai mangé ses quatre poissons rouges,
Et renversé l'eau du bocal sur le palier,
Ni lorsque j'ai griffé, cela je le regrette,
Le tapis du salon, d'orient, qui plus est !

Moi, je ne suis qu'un chat qui n'en fait qu'à sa tête.
Ne me demandez pas d'être humain, s'il vous plaît !"

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 
et celle d’Océanique sur le blog :


dimanche 29 décembre 2019

Bonjour !


Bienvenue sur ces nouvelles pages !
Comme vous pouvez le constater, ce blog est en construction.
J'apprivoise la nouvelle plateforme.

A bientôt, j'espère ! 

Alain

Face à la mer (A&A et Cie n°88)

photo Alain Ménez

Il n'attendait personne,
Personne n'est venu,
Que l'onde qui moutonne
A l'horizon diffus.
On dirait un visage.
De ce grand livre ouvert,
Il feuillette les pages,
Il écoute, et la mer
Qui lui parle en silence
Au rythme régulier
Du flot qui se balance
Le laisse émerveillé !
L'homme est là qui s'étonne
Face à l'Inattendu.
Il n'attendait personne,
C'est Lui qui est venu !
*
Quand on n'attend personne,
On n'est jamais déçu.

AG


Je vous invite à lire, inspirée par la même image,
la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 
et celle d’Océanique sur le blog :




jeudi 14 novembre 2019

La grue voyageuse



Un jour sur ses grands pieds, quittant sa condition,
Dame Grue entreprit de partir en voyage.
Elle avait ouï parler des grandes migrations
De ses sœurs emplumées, or bien que son image
De fort loin ressemblât à ces cendrés oiseaux,
Elle affirmait être de la même famille,
Et tout contradicteur elle prenait de haut !
*
On avait bien graissé ses roulements à billes,
Sa peinture était fraîche et ses boulons serrés,
Aussi ce matin-là s'élança-t-elle heureuse
Sur les routes bien avant le soleil levé.
Adieu pesants fardeaux, manœuvres périlleuses
Auxquels depuis toujours, sans jamais un merci,
Pour se bâtir maison, l'homme l'avait soumise !
Elle allait enfin pouvoir vivre sans soucis,
Couler des jours heureux en sa terre promise !
*
Bien que fort étonnés, les gens la saluaient.
En réponse, la grue en inclinant sa flèche,
A chacun des passants gentiment répondait.
Elle n'aurait souffert qu'on la dise pimbêche !
*
Aujourd'hui, nul ne sait où la guident ses pas.
Certains l'ont aperçue en chemin vers l'Afrique,
D'autres, mais c'est moins sûr, traversant la pampa.
La rumeur est souvent quelque peu chimérique !
*
Si d'aventure un jour vous la voyez passer,
Souhaitez-lui le bonjour. Si vous le voulez même,
Car de rimes et vers, friande je la sais,
Vous pourrez, c 'est gratuit, lui donner mon poème !

AG

Merci à Océanique pour la photo