lundi 5 octobre 2020

Tristesse du chat noir (A & A et Cie n° 96)


 photo Alain Ménez 

"Misère de moi ! songeait un chat noir.

Au cours de ma précédente existence,

J'étais vraiment le plus beau qu'on pût voir :

Un chat tout blanc, de superbe prestance !


Et j'étais heureux, car on m'adorait.

Partout, ma douceur était célébrée.

Sans mentir, je crois que je contribuais

Au bonheur de toute la maisonnée.


Mais rien ne saurait durer ici-bas ...

Avant de revenir vivre sur Terre,

Sur un ordinateur de l'Au-delà,

Il m'a fallu remplir un formulaire :


Au moment de cliquer sur ma couleur,

La souris a glissé ! Oh la méchante !

Ainsi aujourd'hui, et pour mon malheur,

Ma fourrure aux ténèbres s'apparente.


Depuis on m'évite et l'on me bat froid.

Vous comprenez ma terrible souffrance.

Moi qui suis calme et gentil de surcroît.

Ne vous fiez pas à mon apparence !"


AG


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lundi 7 septembre 2020

Marcher (A & A et Cie n° 95)


 photo Alain Ménez

Marcher


Marcher pour le plaisir,

s'enivrer de Nature,

s'abreuver à loisir

à cette source pure.

Oublier un moment

l'agitation des villes,

les cheveux dans le vent

aller d'un pas tranquille.

Au profond d'un sous-bois,

deviner une fée,

Il était une fois...

dansant sous la feuillée.

Surtout, ne rien attendre,

se laisser envoûter,

sans chercher à comprendre,

par ce monde enchanté.

Puis revenir chez soi

comme d'un beau voyage,

le corps plus à l'endroit,

le cœur un peu plus sage.

AG


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lundi 1 juin 2020

Le monologue du héron (A & A et Cie n° 94)

photo Alain Ménez

"D'où viens-je ? Où vais-je en cette vie ?
A ces questions, as-tu pensé ?
Je te parle philosophie,
Et toi, tu ne fais que brouter!
C'est désolant, tu m'exaspères !
Si tu n'étais pas mon ami...
Pardon de me mettre en colère,
Mais un seul instant réfléchis :
N'est-il rien d'autre en l'existence
Que de manger, boire et dormir ?
N'as-tu pas une conscience ?
Aurais-tu peur de t'en servir ?
Ne vois-tu pas que l'homme abuse
De ton caractère bien fait,
Lui qui sans nulle vergogne use
Et de ta chair et de ton lait ?"
Un fermier passant d'aventure,
Et qui avait tout entendu,
A l'oiseau de mauvais augure
Donna du bâton tant qu'il put.
...
On a vu courir à leur perte
Ainsi plus d'un lanceur d'alerte.

AG

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lundi 4 mai 2020

Un pari (A &A et Cie n° 93)

photo YG

(Eléphasie est une planète imaginaire
où ne vivent que des éléphants.)

A mon humble avis, chère amie,
Vous vous trompez sur l'essentiel :
Le moteur sur Eléphasie,
C'est l'Argent, n'en déplaise au Ciel !
Et ce pur Amour dont vous faites
Le ressort de tout l'Univers,
N'est que chimère de poète,
Et pourtant j'aime bien les vers !
Comme on le sait, la poésie
Peine à enrichir les auteurs.
En affaires, il serait folie
De se comporter en rêveur !
Plus que l'autre, il faut aller vite,
Quitte à l'écraser sans remords.
De sa faiblesse l'on profite.
L'avenir appartient aux forts !

Mais enfin, voyez à la ronde
Comme votre philosophie,
De l'antique beauté du monde,
A fait une cacophonie !
La course au pouvoir, à l'argent,
A dévasté notre planète.
C'en est pitié ! Tout éléphant,
Quant à son devenir, s'inquiète.
Voilà du culte de l'Avoir
La conséquence épouvantable.
Essayons l'Amour pour savoir
Si ce modèle est préférable !
A la manière de Pascal,
(Un humain, celui des Pensées),
Parions pour cet idéal :
La fraternité retrouvée !
Alors la peur, ce que voyant,
Enfin quitterait la partie...
Il me semble, à ce changement,
Voir nous sourire Eléphasie.

AG

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dimanche 5 avril 2020

Les mots-oiseaux (A&A et Cie n°92)

photo Alain Ménez


Le temps de remplir l’encrier,
La plume un instant prend la pause
Et va dormir près du cahier,
Sur l’écritoire en bois de rose.

Mais point ne durent ses vacances :
Se chamaillant tels des oiseaux,
Les mots s'en prennent au silence
De la feuille à petits carreaux !

AG

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lundi 2 mars 2020

Mélancolie (A & A et Cie n° 91)

Illustration Alain Ménez


Que n'avais-je fermé ma porte,
Tu en as profité, pardi !
Comme voleuse en quelque sorte,
Au fil des jours, tu m’as tout pris.
J’ai vu passer ta robe grise
Dans la pénombre du miroir,
Puis tu as posé ta valise
Et peigné tes longs cheveux noirs.
C’en était fait de mes espoirs,
De mes rêves au clair de lune !
Tu ne m’as plus rien laissé voir
Dans tes yeux que mon infortune, 
Et si mon cœur tourne à l’envers,
C'est que tu as, Mélancolie,
Déployé ton pâle univers
Dans tous les recoins de ma vie.
Je suis sans force et sans courage
De cette main qui tient ma main,
Et se repaît de mon naufrage
Comme l’océan des marins.

Mais ce soir, las de ta présence,
Je fuis par la ville au hasard.
Vers où aller  ? Quelle importance ?
Seulement sortir du brouillard !

AG

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jeudi 13 février 2020

Les étiquettes



"Comment t'appelles-tu, ô Vent qui cours la plaine,
Et toi, Chêne tordu, sous ton masque de bois ?"

Nul ne m'a répondu, me laissant l'âme en peine :
J'avais mis trop de mots entre leur cœur et moi.

AG


 « Enfin, pour tout dire, nous ne voyons pas 
les choses mêmes;
nous nous bornons, le plus souvent, à lire 
des étiquettes collées sur elles. »
Henri Bergson