lundi 4 octobre 2021

Les égarés (A & A et Cie n° 106)


 photo Alain Ménez

Que font, dessinés à la craie,

Quatre poissons sur ce trottoir ?

Voyez comme tout les effraie !


Certains s'arrêtent pour les voir,

Mais d'autres passants n'en ont cure :

Très sérieux, bien trop affairés,

Ils emportent sous leurs chaussures

Des écailles l'éclat doré !


" M'est avis que s'annonce triste

Le futur de ta création !

Avais-tu pensé, cher Artiste,

Au devenir de tes poissons ?"


Aussi me vient cette prière :


"Averse chois, baigne ces lieux,

Et guide jusqu'à la rivière

Les quatre petits malheureux ! "


AG

Amis, je vous invite,

Si le cœur vous en dit,

A cliquer, au plus vite

Sur les liens que voici :

Le blog de Petitalan

Océanique


lundi 30 août 2021

Jeux d'enfants (A & A et Cie n° 105)


 photo Alain Ménez


Plonger les mains dans l'eau fraîche d'une fontaine

Quand au zénith Phébus darde tous ses rayons,

Quoi de plus amusant ? Quel beau jeu, quelle aubaine !


-Regarde, j'ai failli attraper un poisson !


Et que l'on s'éclabousse à grands éclats de rire !


-Oh là là ! nous voici les vêtements trempés !

Je ne sais pas ce que Papa, Maman vont dire.

Peut-être aimeraient-ils avec nous s'amuser ?


-Pour les grandes personnes, ces enfantillages,

Sœurette, ne sont plus qu'un lointain souvenir.

Ils sont bien trop sérieux. Profitons de notre âge

Et ne soyons pas trop pressées de grandir !

AG


Amis, je vous invite,

Si le cœur vous en dit,

A cliquer, au plus vite

Sur les liens que voici :

Le blog de Petitalan

Océanique


lundi 31 mai 2021

L'Apparition (A & A et Cie n° 104)


 Photo Alain Ménez

Un âne et un cheval paissaient dans leur enclos,

Lorsque leur apparut une chèvre, un fantôme !

L'âne aurait bien voulu se sauver au galop,

Mais son corps tout entier ressentait les symptômes

De l'engourdissement que devaient, mais trop tard,

Ressentir les malheureux qui de la Gordone

Croisaient sans le vouloir le terrible regard.


L'apparition parla (Elle était francophone!) :

"Ne craignez rien de moi, je ne vous veux de mal.

Je suis ici pour vous tirer de l'esclavage !

Vivre dans cet enclos, l'estimez-vous normal ?

Que diriez-vous, ce jour, de partir en voyage,

Visiter des pays ? Le monde est merveilleux !

Pour un modeste prix, toutes taxes comprises,

J'ai une promotion idéale pour deux :

Une chambre sur le Grand Canal à Venise !"


Le cheval qui n'avait jusque-là soufflé mot,

D'un pas lourd s'avança vers la forme caprine

Qui jugea bon de s'évanouir à propos.


Lui, on ne le roulerait pas dans la farine !


***


Cette scène aura lieu dans un proche avenir,

Quand la publicité, se servant d'hologrammes,

Ira jusqu'à tenter, pour les circonvenir,

Même les animaux ! Imaginez les drames :


Chantecler, lui, voudra un poulailler tout neuf,

Et le cochon un spa, la vache une pâture

Où voir passer les trains ! La poule contre un œuf

Exigera pour ses ongles la manucure !...


Pouvons-nous les blâmer de vouloir vivre mieux ?

Nous, les humains, n'agissons pas d'autre manière.

Nous voulons toujours plus, que l'on soit jeune ou vieux.

Le monde est un peu fou. J'en suis à part entière.


Ainsi, dans le futur, ne soyons pas surpris

De voir nos rues hantées par ces hologrammes,

Des humains virtuels, top models dernier cri,

Qui nous proposerons leurs produits haut de gamme...


AG


Courez, je vous invite,

Si le cœur vous en dit,

A cliquer, au plus vite

Sur les liens que voici :

Le blog de Petitalan

Océanique



lundi 3 mai 2021

Chouette ! (A & A et Cie n°103)

photo Alain Ménez

Merci, cher Monsieur, c'est vraiment très chouette 

De me faire visiter ta maison,

Et de m'admirer telle une vedette,

Au point que le rouge m'en monte au front !

Car de ces égards je n'ai l'habitude.

D'ordinaire, vois-tu, l'on me bat froid.

Tes frères n'ont point ta sollicitude.

Il est vrai, mon cri les remplit d'effroi.

Ils ignorent que je suis la sagesse

Et l'oiseau sacré, d'Athéna chéri.

Toi, tu me traites comme une déesse.

Je lui parlerai de toi, c'est promis !

AG


Je vous invite à lire, inspirés par la même image,

 à la date de parution, le texte d’Alain Ménez 
sur le blog :  
et celui d’Océanique sur le blog :

 

lundi 5 avril 2021

Ce n'est qu'un jeu ! (A & A et Cie n°102)

Photo Alain Ménez
 

Ma Maîtresse a dit :  « Je vais me cacher,

Compte jusqu'à dix et viens me trouver! »

Elle adore jouer à la cachette.

Quant à moi, je préfère la dînette,

Car n'ayant jamais appris à compter,

Je ne sais pas quand aller la chercher.

Alors je l'attends, parfois la journée.

J'ai un peu froid. M'aurait-elle oubliée ?

AG


Je vous invite à lire, inspirés par la même image,

 à la date de parution, le texte d’Alain Ménez 
sur le blog :  
et celui d’Océanique sur le blog :



lundi 1 mars 2021

Les révélations du Corbeau ( A & A et Cie n° 101)

 

photo Alain Ménez

" Béni soit ce jour où je puis enfin

Livrer la version franche et véritable

D'un événement que moi, Tiercelin,

Vécus, et dont on bâtit une fable,

N'en déplaise à Esope le Phrygien,

Ainsi qu'à Maître Jean de la Fontaine :


Si, dans leurs écrits le vers sonne bien,

Je soutiens crûment, n'y voyez de haine,

Que pour le récit, ma foi, tout est faux !


Certes j'avais dans le bec un fromage,

En réalité, un Brie de Meaux

Que j'allais offrir pour son mariage

A un Corvidé de mes bons amis.

Je l'avais acquis moyennant finances

Auprès d'un fermier pas très loin d'ici,

Et comme j'étais un peu en avance,

Je m'étais perché, attendant midi.

Renard qui passait vint faire causette,

Mais à son discours rien ne répondis.

Vous l'avez compris, je ne suis point bête.

Au bout d'un moment, vexé, il s'en fut

Et pour se venger colporta l'histoire

Que partout l'on sait. Bien sûr, on l'a cru.

Il s'en attribuait toute la gloire

Et je passais pour le dernier des sots.


La "fake news" est une ancienne manie,

(Oui, je parle anglais, enfin quelques mots...)

Qui sévit toujours... même en poésie!"


AG


Je vous invite à lire, inspirés par la même image,

 à la date de parution, le texte d’Alain Ménez 
sur le blog :  
et celui d’Océanique sur le blog :


lundi 1 février 2021

Le grillon et l'araignée (A & A et Cie n° 100)


 photo Alain Ménez


(ou : Le pacifisme par la boisson)


Demoiselle Arachné, un jour de canicule,

Courut frapper à l'huis du Grillon son voisin :

-Par Jupiter, Monsieur, vous tairez-vous enfin ?

                   Je ne puis fermer l'œil !

                                                           -Madame, je stridule !

Des fils que vous tendez à toute heure, en tous lieux,

Dans lesquels à loisir s'entortillent mes pattes,

De vos pièges où vous jouez les acrobates,

Je ne dis jamais mot, ni n'invoque les dieux !

Ne vous fâchez donc pas ! Voyez, nous sommes quittes.

Si je vous invitais demain soir à souper,

Peut-être pourrions-nous calmement en parler ?


L'araignée accepta ; s'en vint à l'heure dite.


Le Grillon, pour tout plat, étant végétarien,

Avait coupé menu sur un beau lit de mousse

Les plus tendres bourgeons de succulentes pousses.

Lui, s'en délecta fort. L'autre ne mangea rien.


-Toutes ces crudités, le diable les emporte !

Se disait l'arthropode en son for intérieur.

J'aurais dû apporter, c'eût été bien meilleur,

Quelques mouches farcies au larves de cloportes !


-Mais vous ne goûtez pas ? s'inquiéta le Grillon.

-Je dévore des yeux, chez nous, c'est la coutume.

-Si vous ne mangez pas, vous buvez, je présume ?

-Juste un doigt de rosée, avec modération,

Car ce divin nectar me fait tourner la tête !


Verre après verre on but, et plus que de raison !

On rit, et l'on dansa, on chanta des chansons.

Jusqu'à l'aube, dit-on, se prolongea la fête.


Les voilà bons amis. Dès lors, la vie est belle.

Alors que tout semblait pourtant les opposer,

Il a suffi d'un rien pour les réconcilier.

Le partage a souvent raison de la querelle.


AG

Je vous invite à lire, inspirés par la même image,

 à la date de parution, le texte d’Alain Ménez 
sur le blog :  
et celui d’Océanique sur le blog :