lundi 6 juin 2022

Qui a tort? Qui a raison? (A & A et Cie n° 114)


 Photo Alain Ménez

"Restez dans le cercle ! Police !

Gardez vos pattes sur le sol !

Nous connaissons votre malice.

Un mini drone d'Interpol

A découvert vos manigances.

C'est lui qui vous parle des cieux.

Il a tout filmé, pas de chance !

Oui, vous pouvez baisser les yeux !

Un geste et séance tenante,

L'engin volant vous enverra

Sur la tête un jet d'eau bouillante !

Ah ! Vous voilà fait comme un chat!*

Ne comptez pas sur l'indulgence

Du Haut Tribunal des Souris !

Le peuple réclame vengeance

Il vous faudra payer le prix

De vos multiples souricides !


-Je mange et vous aussi mangez.

Le fermier met du raticide.

Allez-vous aussi le juger ?

L'an passé, par vous, sa récolte

Fut détruite à plus de moitié !

Excusez, mais votre révolte

Est d'un ridicule achevé !"


Le drone, en panne d'énergie

Soudain s'écrasa dans un bois.

Chacun, ménageant sa sortie,

Embarrassé, rentra chez soi.


Ne comptez pas que je vous dise

Qui a tort et qui a raison.

Chacun prêche pour son église

Et voit le monde à sa façon.


AG


*Traduction : « fait comme un rat » en langage souris.


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lundi 2 mai 2022

Jéromine et Jérôme jouent à cache-cache (A & A et Cie n° 113)


 Photo Alain Ménez

Lui de compter, compter, compter...

Elle avait dit : -Jusqu'à cinquante !

Après, tu pourras me chercher.


-Quatorze, douze et vingt et trente...


Pour lui, c'était bien compliqué !

Il faut vous dire qu'à l'école,

Il n'était pas très appliqué

S'attachant plus aux fariboles

Qu'aux leçons sur le tableau noir !


-Après vingt-sept, c'est bien quarante ?


Il commençait à s'en vouloir

De cette enfance inconséquente.


-Non, c'est vingt-huit, je me souviens !

Vingt-huit, vingt-neuf et après...

                                                -Trente !

Allons, dépêche- toi et viens !

Laisse tomber, je m'impatiente !


-Qui me parle ? J'entends des voix !

Au secours ! J'ai peur des fantômes !


-Mais non, je te dis que c'est moi !


                                -Mais où es-tu ?

                       - Ici, Jérôme,

Je suis dans le trou d'à côté !*


-Ah ! Tu es là, ma Jéromine !

En fait, je ne sais pas compter...


-Oui bon, ne fais pas cette mine

Et viens me rejoindre céans !


Le printemps qui donne des ailes

Aux flèches n'est pas regardant

Pour jouvenceaux et demoiselles !


Vous narrer ce qu'il s'ensuivit,

Comprenez que je m'y refuse.

Je ne voudrais à aucun prix

Rendre ici les dames confuses.


Il est des choses, assurément,

Comme ne l'a pas dit Voltaire,

Qui sont de dire ouvertement,

Et des choses qui sont... de taire !


AG


*On voit deux trous dans le mur. Ce détail a son importance.


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lundi 4 avril 2022

Encore moi ! (A & A et Cie n°112)


 photo Alain Ménez

Encore lui ! Vous allez dire

Qu'un auteur ne tourne pas rond

Qui ne trouve rien à écrire

Que des histoires de hérons !

Que sera la fable prochaine ?

Songez-vous anxieusement.

Ah non, vraiment la coupe est pleine !

Cet échassier a fait son temps !


"Je comprends. Il est vrai, j'abuse,

Murmure l'oiseau tout contrit.

Agréez mes humbles excuses,

Mais si je suis encore ici,

Surtout n'y voyez pas malice,

Ni boniment de comédien.

Non, pour parler sans artifice:

C'est qu'avec vous je me sens bien !

Comme je pêche solitaire

Je n'ai pas souvent l'occasion,

Tel un moine en son monastère,

De faire la conversation.

Lorsque la chose se présente,

Je la fais durer à plaisir,

Je monologue en dilettante

Craignant toujours de voir partir

L'autre, las de mes fariboles...


Alors, au prochain rendez-vous !

Ce fut un vrai bonheur, parole !

De m'entretenir avec vous."

AG

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lundi 28 février 2022

La colère du Héron (A & A et Cie n°111)


 photo Alain Ménez

"Ce bon poisson vient à point. Je l'aurais aimé

Plus dodu, mais ne faisons pas le difficile !


Un ancêtre jadis, peut-être accoutumé

Aux menus des grands chefs étoilés de la ville,

Après avoir fait fi de tanche et de goujon,

Affamé, fut heureux de trouver pour pitance,

Lui, prince des gourmets, un escargot, dit-on.


Que cet événement fut lourd de conséquences !

Depuis, pour le railler, on voit tous les oiseaux

Brocarder les hérons, en vers de La Fontaine.

Peut-être ouïrez-vous, les récitant tout haut,

Quelques méchants moineaux courant la prétentaine.

Lorsque je les entends, tout mon être est en feu !


Parole d'échassier, il est grand temps que cessent

Toutes les moqueries auxquelles donne lieu

Ce fâcheux fait divers  ! Contre elles, je me dresse

Et proclame aussi haut que permet mon long cou

Perché sur ses grands pieds (pardon si je plagie),

Que nous ne sommes pas, comme l'on dit partout,

Des fats, des prétentieux. Du respect, je vous prie

Pour notre Noble taille et Notre majesté !

Notre vol est puissant, racé Notre plumage.

Du marais nous sommes les Rois incontestés !

...

Je suis modeste, aussi n'en dis pas davantage !

À bon entendeur...


AG

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lundi 7 février 2022

Les routes départementales (A & A et Cie n° 110)


 Photo Alain Ménez

Sans pour autant bouder les routes nationales,

Les ronds-points, les radars et autres agréments,

J'aime par-dessus tout les départementales

Dont le cours sinueux, modeste et nonchalant,

Comme une invitation à quelque flânerie,

Nous propose en douceur au hasard des tournants,

(Mais il faut pour cela rouler sans brusquerie !)

La découverte de paysages charmants :


Ici, c'est un bosquet qu'à plaisir l'on contourne.

Là-haut, sur un rocher, sommeille un vieux château.

Et la route en sous-bois, sans se lasser qui tourne,

Dévoilant une combe où paresse un ruisseau...


Si l'asphalte n'est pas celui des autoroutes,

Et si l'étroit ruban par endroits rapiécé

Peut inspirer parfois quelques craintes et doutes,

Le bonheur du voyage vient tout compenser.

...

Sans pour autant bouder les routes nationales,

Les ronds-points, les radars et autres agréments,

J'aime par-dessus tout les départementales

Et leur cours sinueux, modeste et nonchalant

Qui pourrait nous mener, pourquoi pas ? jusqu'à Rome,

A cette condition, bien sûr : avoir le temps.

Aujourd'hui, la lenteur ne fait rêver les hommes.

On vit à cent à l'heure et c'est insuffisant !


AG


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lundi 3 janvier 2022

Remontrance (A & A et Cie n°109)

photo Yveline


-Enfin vous ! Ma Fille, est-ce une heure ?

Voilà qu'il est bientôt midi !

Et moi qui m'inquiète et qui pleure,

Qui me faisais tant de soucis !

Ne deviez-vous pas, gourgandine,

Être céans, hier au soir,

Avant minuit ? Parlez, coquine !

Vous me mettez au désespoir !

Où étiez-vous ?... Votre silence

Est un aveu. Depuis des mois,

Vous prenez d'étranges licences

Avec certains... chevaux de bois !


-Pardon Mère, je le confesse :

J'aime des chevaux de bois

Le manège dont la vitesse

M'étourdit et grise à la fois.


-Mais taisez-vous donc, misérable !

Tournâtes-vous toute la nuit ?


-Je le pense, oui, c'est probable...


-Elle ne sait ! Ai-je bien ouï ?

Votre insouciance m'exaspère !

Quand il va l'apprendre demain,

Prenez garde que Monsieur Père

Ne monte sur ses grands humains !*

...

Inconscience du jeune âge !

Que de tracas pour des parents,

Eux qui, juvéniles, je gage,

Peut-être en firent tout autant !

AG

*Expression courante chez les chevaux.


Après vous avoir souhaité une très belle année 2022,

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lundi 29 novembre 2021

Rêve de lune (A & A et Cie n° 108)


 photo Alain Ménez

Il est des jours où tout est gris,

Où sur notre mur aux images,

Pauvre, glacial et rabougri,

Le présent dessine une cage.


On y voudrait parfois dormir

Pour aller rêver de la Lune,

Imaginer un avenir,

Mais qui ne soit pas qu'infortune.

Et puis l'hiver cède au printemps.

La vie enfin redevient belle,

Toute en couleurs un matin, quand

Le Sort nous fait la courte échelle !

AG


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